Niurka, membre de l’association Avec Toits et chroniqueuse littéraire, vous partage chaque mois ses livres coup de cœur sur les questions migratoires. Ouvrez ces fenêtres, pour lire le monde !

Ce mois-ci, elle vous présente un album jeunesse et un récit personnel.

Bonne lecture !

 

Les migrants. Marianna Chiesa Mateos.

Le Sorbier, 2010.

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Ce petit album à double face et sans texte nous parle de deux périodes d’immigration, celle du XXème siècle que la dessinatrice a elle-même connue lorsque des migrants venus de toute l’Europe embarquaient pour les Etats-Unis. Ces migrants étaient italiens, portugais, espagnols, allemands, polonais Irlandais, français…La seconde histoire, celle du XXIème siècle, la migration actuelle. Ces migrants tentent de rejoindre par mer l’Europe au risque d’y perdre leur vie par une noyade dramatique sur des embarcations périlleuses. Là, on trouve d’autres hommes, d’autres femmes, d’autres enfants : nord-africains, soudanais, pakistanais, kurdes… Dans les deux cas les valises symbolisent ceux qui quittent leur pays.

Ce bel album aux illustrations souvent poignantes, joliment illustré et très stylisé permettra d’aborder la question des réfugiés avec justesse et beaucoup de tact. L’album peut être un beau dialogue entre l’adulte et l’enfant. À recommander à partir de 7 ans.

Réfugié une odyssée africaine. Emmanuel Mbolela.

Libertalia, 2017.

« Persécuté pour des raisons politiques, Emmanuel Mbolela (né en 1973) a fui la République démocratique du Congo (RDC, ex-Zaïre) en 2002. Il a voyagé six ans durant lesquels il a affronté les mêmes difficultés que des milliers d’autres migrant-e-s : racket des douaniers, business des passeurs, embuscade dans le désert du Sahara, travail au noir à Tamanrasset pour financer la suite du voyage et enfin la nasse marocaine, où il est resté bloqué pendant quatre ans. Là, il a fondé avec des compatriotes la première association de réfugié-e-s : l’Association des réfugiés congolais au Maroc (Arcom), refusant ainsi le statut de victime muette et impuissante. Dans son récit, il montre combien les femmes subissent encore plus de violence et d’exploitation tout au long du parcours, mais aussi comment ce sont elles qui sont à l’initiative des actions de résistance et de protestation. Emmanuel Mbolela a fini par obtenir l’asile politique en Hollande en 2008. Depuis, il ne cesse d’œuvrer pour des rapports Nord-Sud égalitaires et solidaires. » (4ème couverture)

Un récit souvent poignant qui permet d’aborder le vécu des émigrés et la difficulté d’accéder à une vie libérée de la peur, des contraintes administratives, de la nécessité d’une formation scolaire puis professionnelle, d’une sécurité sociale afin de vivre une vie normale, comme tout être humain en a la nécessité. Beaux témoignages.

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